André TRABET

Ecrivain - Conférencier - Verbicruciste

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Procès et mort de Socrate

Apologie de Socrate, Criton, Phédon, trois oeuvres majeures de Platon qui ont défiées les siècles et que tout amateur de philosophie se doit de lire...
S'il en trouve le temps!
En en réduisant le contenu, sans en déformer l'esprit, André Trabet place ces ouvrages à la portée du lecteur qui appréciera une lecture rapide et passionnante.
L'interprétation de cette oeuvre, présentée comme une pièce de théatre, par des étudiants ou tous amateurs de "philo", peut constituer une distraction aussi ludique que bénéfique.

Drame en trois actes
D’après les uvres de Platon
(Apologie – Criton – Phedon )

Dépôt légal 30.09.03

PREFACE

Socrate est sans nulle doute un personnage énigmatique et fascinant. Dès que l’on croit le saisir, on tombe dans d’apparentes contradictions. Socrate est le premier des philosophes, et pourtant il n’a rien écrit. Les jeunes Athéniens suivent avec passion son enseignement alors qu’il n’arrête pas de proclamer que sa plus grande sagesse c’est d’être conscient de sa propre ignorance.

Enfin, tous ses contemporains insistent sur sa laideur qui offre un saisissant contraste avec sa richesse morale. Bref, Socrate est comme un Silène, statue extérieurement repoussante mais qui s’ouvre en révélant les merveilles qu’elle recèle.

Socrate inaugure ce que l’on appelle l’histoire de la philosophie. Pourtant, cette histoire commence mal puisqu’il est condamné à mort.

Pourquoi reste-t-il malgré tout, le meilleur emblème de la philosophie, celui que l’on continue à appeler « le philosophe » ?

André Trabet nous présente ici une excellente adaptation de Platon, qui relate la fin de la vie de Socrate, depuis son procès jusqu’à sa mort. C’est dans ces dialogues importants que Socrate retrace sa vie, ce qui lui permet de réaffirmer ses choix essentiels.

Socrate n’a pas de métier, au sens strict du terme. Sa principale activité, c’est de parler ; il parle sans relâche, du matin au soir, s’adressant chaque fois à un individu en particulier. Contrairement aux Sophistes, Socrate n’est pas un homme de discours mais un homme de dialogue. Il ne veut pas que ses paroles soient retransmises par écrit parce que l’écriture fige la pensée : « Tout discours est une pensée morte » dit-t-il. C’est pour cette raison que Platon qui, heureusement pour nous, a désobéi à son maître, met toujours Socrate en scène dans des dialogues.

Procès et mort de Socrate

De quoi parle Socrate ?

De la chose la plus essentielle qui soit, c’est-à-dire du sens de la vie.

A quelle condition la vie vaut-elle d’être vécue ? Quel genre de vie faut-il choisir ?

-« L’important n’est pas de vivre mais de vivre dans le Bien » affirme-t-il dans sa prison.

L’originalité de Socrate, par rapport aux philosophes qui l’ont précédé, est de recentrer la philosophie sur l’homme. Il ne s’intéresse pas vraiment à la connaissance du réel, aux lois de la nature. Le savoir humain en ce domaine est dérisoire et a bien peu de valeur. Ce qui importe par dessus tout, c’est la santé de l’âme, la vertu et, surtout, la fidélité à soi-même.

Condamné injustement, Socrate refuse de s’évader de sa prison, cependant, comme le dit Merleau-Ponty, dans son Eloge de la philosophie, « Socrate a une manière d’obéir qui est une manière de résister ».

Jusqu’au bout, Socrate tente de changer ceux qui l’écoutent, de les mettre face à leurs propres contradictions. Mais l’enjeu politique est lourd et le temps est compté. André Trabet nous fait bien sentir cette tension des derniers instants, au cours desquels l’idée de la mort devient omniprésente. Comprendre pourquoi Socrate est mort, c’est comprendre pour quelles valeurs il a vécu : « Une bonne raison de vivre est aussi une excellente raison de mourir » , dira Camus, bien plus tard.

Laissons nous guider par Socrate et nous nous réinterrogerons sur nos propres choix.

Ecoutons le expliquer pourquoi il est finalement le meilleur des hommes politiques, lui qui n’a jamais voulu « faire de la politique ». Nous comprendrons alors que Socrate n’est pas mort pour des idées, mais bien pour ce qu’il était.

Gaëlle Wienhold, professeur certifié de philosophie.